Un peu d'histoire...

La fonction de directeur technique dans le spectacle vivant est une fonction relativement récente qui prit son essor dans les années 70. Certains régisseurs son, lumière, plateau, selon leurs envies ou par hasard devinrent ainsi des responsables techniques appelés, selon les structures, des directeurs techniques, des régisseurs généraux, des chefs de service, de département ou gardèrent tout simplement leurs titres de régisseur.
Les années 80 marquèrent la mise en place de responsables techniques chargés de "faire marcher les spectacles". Des supers techniciens se devaient de trouver toutes les bidouilles, trucs, astuces pour que le spectacle joue partout et le plus souvent possible, dans toutes les conditions, quelles qu’elles soient…

La suite des drames de Furiani et de Séville, et de toutes leurs conséquences judiciaires, notamment en terme de responsabilités on découvrit que la loi était la même pour tous.
Le passage aux 35 h déclencha une réelle révolution dans les mentalités des gens du spectacle. Quand les directions artistiques et administratives des théâtres se retrouvèrent confrontées à cette montée en puissance des réglementations, tant en matière de sécurité incendie que du Code du Travail, elles se tournèrent « naturellement » vers leurs techniciens pensant que ceux-ci, habitués à gérer les problèmes de sécurité et de personnel, étaient les mieux adaptés à la nouvelle situation.
De super techniciens, les responsables techniques découvrirent qu’ils mutaient en juristes, en négociateurs, en financiers, en planificateurs, en « gardes-chiourme » de la sécurité…
La formation des responsables techniques jusqu’au début des années 2000 s’est faite essentiellement des mélanges d’expériences personnelles, de curiosités et de rencontres.
Tous ces paramètres expliquent que pendant très longtemps, les responsables techniques oeuvraient avec un comportement très individuel… voire individualiste.

Cependant, les manières de travailler changeant, les mentalités évoluèrent de façon significative. Au milieu des années 90, dans les régions lyonnaises, nantaise et normande se mirent en place des regroupements, des réseaux qui avaient tous un point commun : une revendication forte du vocable "informel". Chaque groupe apprit à échanger des informations, des façons de faire, confronter des points de vue, demander des conseils et, petit à petit, réunir des savoirs-faire, des compétences.

Jusqu’en 1999, chaque groupe travaillait dans sa région ignorant l’existence des deux autres. C’est lors d’une tournée que les groupes lyonnais et nantais se rendirent compte du travail mené par chacun. Ils furent vite rejoints par le réseau normand. Dès lors, les trois regroupements décidèrent de se réunir au moins une fois par an de façon, bien sûr, informelle et d’y convier tous les responsables techniques nationaux.
En juin 2002 au Théâtre de la Colline, se retrouva ainsi une cinquantaine de responsables techniques, puis en mai 2003 pratiquement les mêmes à l’ENSATT à Lyon et enfin en mai 2004 beaucoup moins lors du SIEL. Il était clair que ce regroupement national avait du mal à se mettre en place et à se faire entendre.

L’élément déclencheur fut la décision prise par le ministère de l’intérieur en 2005 "d’épousseter" le règlement de sécurité concernant le règlement de sécurité des Etablissements Recevant du Public. C’est un peu par hasard en juin que l’un de nous l’apprit. Très vite nous comprîmes que nous n’avions point été conviés aux réunions de travail car personne ne connaissait notre existence.
Dès lors quelques-uns décidèrent que nous étions arrivés au bout de l’informel et qu’il était temps de nous structurer autrement. Lors d’une réunion de travail sur cette réglementation en novembre 2005 fut donc proposée la création d’une association loi 1901 à l’ensemble des présents. La décision fut adoptée à l’unanimité.
Le 13 février 2006 une assemblée générale adopta la création de la Réditec/Association Professionnelle des Responsables Techniques du Spectacle Vivant.
La Réditec compta 75 adhérents dès le premier jour, confirmant la volonté des responsables techniques de se regrouper et de se structurer.